La Banque africaine de développement présente sa stratégie pour les infrastructures sanitaires en Afrique

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La Banque africaine de développement présente sa stratégie pour les infrastructures sanitaires en Afrique
Burundi

BUJUMBURA, Burundi- Le ministère burundais de la Santé publique et de la lutte contre le Sida et le bureau de la Banque africaine de développement (www.AfDB.org) au Burundi ont réuni le 27 octobre dernier à Bujumbura, les responsables des structures sanitaires et les partenaires du secteur dans le pays pour plancher sur la Stratégie du Groupe de la Banque pour des infrastructures sanitaires de qualité en Afrique 2020-2030. ( CP du 13/12/2023)

« La Stratégie pour des infrastructures sanitaires de qualité en Afrique 2020-2030 du Groupe de la Banque africaine de développement a pour objectif de développer des infrastructures nécessaires pour des soins de qualité pour les populations en Afrique et ainsi limiter les évacuations sanitaires. Cette stratégie figure parmi les produits de connaissance que la Banque a élaboré en tirant les leçons de la pandémie de Covid-19 », a expliqué Jean-Claude Nsabimana, spécialiste du secteur social au bureau pays de la Banque au Burundi.

La pandémie a montré que les investissements dans les infrastructures de qualité dans les pays africains dont le Burundi demeurent insuffisants pour couvrir les gaps et construire des systèmes sanitaires solides et performants, a poursuivi M. Nsabimana. Les budgets accordés au secteur de la santé sont insuffisants pour couvrir les investissements massifs nécessaires pour développer les infrastructures pharmaceutiques, de fabrication de vaccins, de diagnostic et de traitement des maladies sur le continent, a-t-il souligné.

« La pandémie tout comme d’autres maladies vécues ces dernières années ont révélé de sérieux déficits des systèmes sanitaires nationaux ainsi que les infrastructures appropriées à travers tout le continent africain. Dans sa stratégie, la Banque considère que la résilience du système sanitaire africain repose sur certaines priorités dont la construction des infrastructures sanitaires de qualité, le développement d’une industrie pharmaceutique solide et le développement des capacités propres de l’industrie des vaccins », a-t-il affirmé.

Peter Ogwang, analyste de santé en chef au bureau régional de la Banque africaine de développement pour l’Afrique de l’Est, est revenu sur les quatre catégories d’infrastructures sanitaires qui répondraient à l’avantage comparatif de la Banque. Il s’agit des infrastructures de soins de santé primaires, des structures de soins de santé secondaires et tertiaires, des infrastructures de diagnostic et la connectivité pour des solutions sanitaires innovantes.

Les différents experts du secteur ont salué la stratégie de la Banque en matière de santé car, jusque-là, pour ce qui concerne le Burundi, les actions de la Banque étaient concentrées dans le secteur des infrastructures énergétiques et de transport. Les experts ont plaidé pour que les interventions de la Banque couvrent aussi le capital humain, l’industrie pharmaceutique, la médecine traditionnelle, et les équipements médicaux essentiels. Ils ont soulevé le phénomène de la fuite des cerveaux qui touche les médecins au Burundi.

« Il vous revient de partager vos propositions sur les projets prioritaires avec le gouvernement afin de les consolider dans le Document de stratégie pays », a déclaré Hendrina Chalwe Doroba, cheffe de la Division éducation et développement des compétences pour la région Afrique de l’Est à la Banque précisant que la Banque prenait acte des préoccupations soulevées par les experts.

Olivier Nijimbere, secrétaire permanent du ministère de la Santé, représentant le ministre, s’est dit conscient des défis qui minent le secteur de la santé au Burundi. Il a souligné que le gouvernement dans sa « vision Burundi émergent en 2040 et développé en 2060 », a inscrit la santé notamment l’accès et la qualité des soins de santé dans ses priorités.

Cette session d’échanges a vu la participation des responsables des institutions de formations académiques comme les doyens des facultés de médecine, les recteurs des universités, des responsables des hôpitaux, cliniques publiques et privés, les représentants des associations des professionnels de santé, des partenaires techniques et financiers dans le domaine de la santé ainsi que des cadres du ministère ayant la santé dans ses attributions.